
Le siège de Menassat pour les
études et les recherches sociales a abrité, le vendredi 28 novembre 2025, la 5ème
édition du rendez-vous intellectuel « La Socio Pause, Réflexion en Action ». Cette
édition a accueilli le professeur et chercheur en sociologie Abdelhadi El Halhouli,
en présence effective de plusieurs étudiants chercheurs. Au cours de cette
rencontre, l’invité a partagé son expérience de traduction de l’ouvrage « Les
100 Concepts de la sociologie »
du sociologue et auteur Serge Paugam.
El Halhouli a souligné que
l’écriture, et plus particulièrement la traduction, n’est pas une simple
opération technique, mais une expérience intellectuelle qui mérite d’être
débattue et partagée. Tout en partant d’une question centrale: pourquoi avoir
choisi cet ouvrage en particulier, El Halhouli a précisé que ce choix n’avait
rien d’arbitraire, mais relevait de la capacité à faire d’un travail donné un
véritable parcours de recherche, structuré en plusieurs étapes. Ainsi, traduire
un ouvrage comme les « 100
Concepts de la sociologie » ne se réduit pas à un simple
exercice linguistique : c’est contribuer à un véritable atelier de production
de savoir, qui implique une interrogation constante autour des concepts et
nécessite de revisiter les textes dans leurs contextes intellectuels.
El Halhouli a estimé que la
traduction constitue une forme d’écriture, qui ne s’arrête pas au premier
résultat, mais demeure une lecture ouverte et renouvelée. L’un de ses aspects
essentiels réside dans le travail sur le concept sociologique en tant qu’outil
de réflexion avant d’être une simple expression terminologique. Il a également
estimé que l’acte de traduire nécessite un dialogue permanent avec les
chercheurs, consolidé la valeur scientifique de l’ouvrage.
Dans le même sens, El Halhouli a
insisté sur le fait que la traduction constitue une partie fondamentale de la
formation du chercheur, puisqu’elle contribue à l’enrichissement de l’effort
scientifique en élargissant les cercles de circulation du savoir et en
améliorant sa qualité. Il a rappelé que cette activité n’est pas périphérique à
la recherche, mais au cœur même du processus de formation du chercheur et du
développement de ses outils conceptuels et méthodologiques. Par ailleurs, ce
travail acquiert une dimension interdisciplinaire, permettant aux chercheurs de
divers domaines des sciences sociales d’en bénéficier, puisque les concepts
constituent la pierre angulaire de toute recherche scientifique. De surcroît, professeur
El Halhouli a affirmé que ce livre
représente un guide essentiel pour tout chercheur, que ce soit au moment de sa
formation ou lors de la réalisation de son projet de recherche.
Par ailleurs, El Halhouli a
rappelé que l’élaboration d’une thèse commence par un engagement effectif dans
la recherche, plutôt que par une simple intention ou vision initiale. Il a
indiqué que tout projet doctoral définit un ensemble de champs d’action pour le
chercheur. Il a également mis en avant le rôle déterminant des pairs et de la
communauté scientifique, véritable espace d’épreuve et de consolidation des
idées à travers le débat et l’échange. Il a souligné qu’un chercheur sans
terrain demeure un chercheur aux outils incomplets, invitant ainsi à une
attention continue portée aux expériences menées aux niveaux national et international,
qui constituent une ressource cognitive précieuse et irremplaçable.
Enfin, il a insisté sur la
nécessité d’une ouverture à la pluralité méthodologique et d’une vigilance face
à tout risque de cloisonnement disciplinaire, avant de conclure sur l’importance
de l’engagement civique et scientifique, qui enrichit le parcours du chercheur
et renforce son capital cognitif autant que professionnel.
Pour rappel, la Socio Pause, Réflexion en action, est une initiative lancée par le Centre Menassat, elle en est aujourd’hui à sa 5ème édition. Au fil des rencontres, elle a consolidé sa place comme un espace de production de connaissances, d’échanges d’idées et de soutien au dialogue scientifique continu, en plus de contribuer à l’enracinement d’une culture sociologique partagée, dynamique et profondément liée à la réalité de la société marocaine. Elle met également en lumière les parcours professionnels de chercheurs universitaires confirmés en sciences sociales et humaines, dont les expériences accumulées constituent un point de départ pour le partage des savoirs entre les différentes générations de chercheurs, notamment les jeunes. Elle représente également une occasion pour les jeunes chercheurs de bénéficier d’expériences théoriques et pratiques et de découvrir les meilleures pratiques en sciences sociales et humaines.
