
Le Centre Menassat pour les
recherches et les études sociales a clôturé, le dimanche 25 octobre 2026, les
travaux de la première session de formation de la cinquième édition du programme
JIL, placée sous le nom du sociologue Jamal Khalil. Réunissant vingt-cinq
doctorants et jeunes chercheurs affiliés à différentes universités marocaines,
cette session marque le lancement d'un programme qui s’étendra sur une année. A
savoir que ce programme d’accompagnement est dédié au renforcement des
compétences épistémologiques, théoriques et méthodologiques des participants,
afin de stimuler la production d'un savoir empirique axé sur les réalités et
les mutations sociétales contemporaines.
Cette première session a débuté le
vendredi 23 octobre, à la bibliothèque universitaire Mohamed Sekkat de
Casablanca, par une leçon inaugurale du professeur Jamal Khalil Belhassan,
intitulée « Citoyenneté et savoir ». Le sociologue y interroge le lien entre la
formation du chercheur et sa responsabilité de citoyen, affirmant que la
construction d’une posture de recherche ne saurait se réduire à l’obtention de
diplômes, mais elle repose sur la curiosité intellectuelle, l’indépendance
d’esprit, l’expérience de terrain et l’ouverture à autrui. La citoyenneté,
a-t-il insisté, est une pratique et une responsabilité à l’égard de la vie
commune, tandis que la recherche scientifique exige de faire de la vérité une
boussole, de soumettre ses préjugés à l’examen et de dépasser les réponses
toutes faites, en conjuguant liberté intellectuelle et exigence éthique. Dans
cette perspective, enchaîne le sociologue, le chercheur ne saurait rester en
marge de la société, il s’attache à l’interpréter de manière critique tout en contribuant
aux débats qui la traversent.
Délocalisés à Rabat, les travaux
ont articulé le cadrage institutionnel et les retours sur expérience. Ikram
Adnani, membre et chercheure principale au Centre Menassat, a exposé les
orientations stratégiques, les valeurs et les ancrages théoriques de
l'institution. Cette mise en perspective a été enrichie par les interventions
de Samira Tazrout, Ayoub El Kysy et Achraf Amhaouch. En partageant leur
parcours, ces anciens lauréats ont formalisé une dynamique de compagnonnage et
de transmission intergénérationnelle essentielle à la continuité de la
communauté de recherche du programme.
Sur le plan méthodologique, les
ateliers se sont articulés autour de deux axes de l'ingénierie de recherche. Le
professeur universitaire Bouchaib Majdoul a d'abord formalisé le passage
heuristique de la question de départ en cheminant vers la construction de la
problématique. Ensuite, un autre atelier dirigé par le professeur Aziz Mechouat,
directeur de Menassat, a initié les participants à la dynamique de la recherche
collective. Cet atelier pratique a débouché sur l'ébauche de projets de
recherche collaboratifs, dont l'approfondissement théorique et empirique
jalonnera les prochaines étapes du programme JIL.
Parallèlement, le programme a intégré une réflexion
sur l'épistémologie du fait religieux, animée par le chercheur et islamologue Mohamed
Abdelouahab Rafiqi. S'appuyant sur les travaux du Centre Menassat, il a examiné
avec les participants les conditions méthodologiques indispensables à l'étude
de cet objet par les sciences sociales. Enfin, en guise de clôture, le
professeur et expert international Mustapha El Mnasfi a dirigé un atelier
méthodologique axé sur les Policy Papers. Cette formation visait à
initier les jeunes chercheurs à la transposition de leurs données de terrain en
recommandations opérationnelles, destinées à éclairer les décideurs et à enrichir
le débat public.
Pour rappel, à travers le programme JIL, le Centre Menassat entend créer un écosystème d'incubation où s'articulent formation méthodologique, production scientifique et dynamique collective. La singularité de ce programme réside dans la corrélation établie entre l'appropriation des outils de la recherche et l'ingénierie de projet, permettant d’articuler la pertinence académique à la compréhension des enjeux sociaux contemporains. L'ambition de ce programme annuel est le renforcement des capacités des jeunes chercheurs, afin de favoriser l'émergence d'un savoir scientifique rigoureux susceptible d’éclairer l'espace public.
