Les travaux du Sommet de l'Afrique du Nord 2026 : Religion, Société et Droit se sont achevés à Casablanca. Organisé par la Fondation Menassat pour la recherche et les études sociales, en partenariat avec l'International Religious Freedom Summit, la Lantos Foundation for Human Rights & Justice et The Brownback Group, le sommet a réuni des responsables gouvernementaux, des parlementaires, des magistrats, des universitaires, des responsables religieux, des diplomates, des représentants d'organisations internationales, des acteurs de la société civile ainsi que des chercheurs venus de différents pays.
Organisé sur trois jours, le sommet a constitué une
plateforme régionale de dialogue et d'échange d'expertises sur les relations
entre la religion, la société et le droit, ainsi que sur les moyens de
promouvoir la coexistence, de consolider la dignité humaine, de protéger les
droits et les libertés et de construire des sociétés plus stables et plus
ouvertes.
Les participants ont souligné que le monde est confronté à
des défis croissants, notamment la polarisation sociale, la désinformation
numérique et l'instrumentalisation de la religion dans les conflits politiques
et géopolitiques. Ils ont insisté sur le fait que ces défis nécessitent une
approche globale fondée sur l'État de droit, la recherche scientifique, le
dialogue et la coopération entre les institutions publiques, la société civile
et les acteurs religieux.
Le sommet s'est conclu par une série de messages et de
recommandations, dont la principale est l'affirmation que la dignité humaine
doit constituer la référence fondamentale guidant les politiques publiques et
les législations. Les participants ont également souligné que la protection de
la liberté de religion est étroitement liée à la protection de la
liberté de pensée, d'expression et d'association, ainsi qu'à l'égalité devant
la loi et au principe de non-discrimination.
Les participants ont également examiné l'expérience
marocaine en matière de gouvernance religieuse et les efforts qu'elle a
déployés pour promouvoir les valeurs de modération, de juste milieu, de
tolérance et de dialogue entre les cultures et les religions, faisant ainsi de
la religion un facteur de stabilité et de vivre-ensemble.
Le sommet a également abordé le rôle des institutions dans
la promotion d'une culture des droits humains, le renforcement du dialogue et
la protection de la dignité humaine, dans le cadre d'une approche conciliant la
préservation des droits et des libertés avec le maintien de la cohésion
sociale.
En ce qui concerne les réformes, les participants ont
souligné que les réformes juridiques durables ne peuvent réussir que si elles
reposent sur les connaissances scientifiques, le dialogue sociétal et une large
participation. Ils ont appelé à renforcer le rôle des universités, des centres
de recherche et des groupes de réflexion dans l'appui aux politiques publiques
et à la prise de décision fondée sur des données probantes.
Les participants ont également appelé à élaborer de
nouvelles approches pour faire face aux défis de l'ère numérique, notamment la
désinformation et la polarisation alimentées par les plateformes numériques, à
travers des investissements accrus dans l'éducation et la culture, le
développement de cadres juridiques adaptés et le renforcement de la coopération
internationale.
Les débats du sommet ont confirmé que le dialogue
interculturel doit constituer un instrument concret de construction de la
confiance, de promotion de la paix sociale, de consolidation d'une citoyenneté
partagée et de valorisation de la diversité religieuse et culturelle comme une
richesse pour les sociétés plutôt qu'une source de division.
Les participants ont exprimé leur reconnaissance envers le
Maroc pour les conditions favorables qu'il a offertes à la réussite de cet
événement international, saluant la qualité de l'organisation et l'hospitalité
marocaine, qui reflètent la place du Royaume en tant qu'espace de dialogue,
d'ouverture et d'échanges entre les cultures.
Ils ont également salué le rôle joué par la Fondation Menassat
pour la recherche et les études sociales dans le lancement de cette
initiative, fondée sur la conviction que la recherche scientifique et le
dialogue constituent un pont entre la connaissance et l'élaboration des
politiques publiques, entre la société civile et les institutions, ainsi
qu'entre l'Afrique du Nord et ses partenaires internationaux.
Les participants ont estimé que le succès de cette première
édition du sommet ouvre une nouvelle dynamique régionale de dialogue et de
coopération visant à renforcer les échanges d'expertise, à promouvoir la
production de connaissances, à encourager des réformes fondées sur des données
probantes et à ancrer une culture du dialogue et du respect mutuel.
À l'issue des travaux, les participants ont réaffirmé leur
volonté de poursuivre cette dynamique en développant des mécanismes de
coopération scientifique et institutionnelle et en encourageant des initiatives
conjointes entre les universités, les centres de recherche et les institutions
nationales et internationales, afin de promouvoir les valeurs de la dignité
humaine, de l'État de droit, de la coexistence pacifique et du développement
durable en Afrique du Nord et au-delà.
